Johanne Seyer

15 mai 1969 - 12 août 2016

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Johanne Seyer était une personne aimante et reconnaissante du bonheur qu’elle avait trouvé au bout d’un long chemin parsemé de défis et d’embûches. À 47 ans elle est morte trop rapidement d’un cancer qui l’a surprise de la pire manière qui soit.

Enfant, elle était ce que l’on appelle une première de classe et tout lui semblait facile. Deuxième d’une fratrie de quatre enfants, elle était très proche de sa sœur Brigitte et de ses petites frères Stéphane et Marc-André. Auprès de son père André et de sa mère Lisette elle habitait une maison animée et joyeuse.

Son inclination naturelle de venir en aide à autrui a souvent été fait à ses dépens, surtout à l’adolescence, une période de sa vie plus difficile pour elle, on pourrait même dire cahoteuse.

Un sens à sa vie

Cette femme résiliante et vive a vu sa vie complètement changer quand son fils Francis est venu au monde alors qu’elle entrait dans la vingtaine.

Il était tout pour Johanne qui l’a élevé seule. Ils étaient plus que complices dans la vie. Une tendresse très forte les unissait. Elle était « ma mère, mon père, mon amie », confie Francis.

C’est la naissance de son enfant qui l’a motivée à retourner sur les bancs d’école pour passer une série de diplômes d’études professionnels qui lui permettront d’exercer des métiers traditionnellement masculins chez GM et Kenworth, entre autres. Quand elle arrivait à la garderie pour chercher Francis, il se souvient encore de l’odeur de garage mécanique qui la précédait.

À la fin de sa vie, Johanne était inspectrice pour les avions de la Série C chez Bombardier Aéronautique, une fierté immense pour cette nationaliste qui vivait à Boisbriand.

Paisible et rock’n roll à la fois c’était « une émotion sur deux pattes » raconte Sylvain, son mari avec qui elle avait trouvé un vrai complice. Ils étaient mariés depuis août 2013 et s’étaient connus d’abord comme collègues de travail et reconnus bien vite comme âmes sœurs. Cette union dont la cérémonie a été présidée par André Gagné l’époux de sa mère Lisette était pour elle l’aboutissement d’un rêve. L’amour entre Sylvain et Johanne sautait aux yeux pour quiconque les croisait.

Passionnée de musique

Johanne aimait énormément la musique et aller voir des spectacles. Elle appréciait beaucoup Metallica, Les Cowboys Fringants, Les Colos, AC/DC… mais elle détestait sincèrement Guns N’Roses. C’est qu’elle était au Stade Olympique le 8 aout 1992 pour le concert de Metallica et Guns N’Roses. Suite à un accident subit par le chanteur de Metallica qui avait forcé l’interruption du spectacle, Axl Rose avait mis un terme à la prestation de son groupe seulement après 40 minutes. Une gigantesque émeute s’en était suivie. Comme beaucoup, Johanne ne leur avait pas pardonné.

Elle admirait aussi beaucoup Céline Dion et se promettait d’aller voir son spectacle en août 2016. Malheureusement elle était trop faible pour y assister.

Grande partisane du Canadien de Montréal, elle avait même acheté sa brique commémorative à son nom au Centre Bell.

Johanne partageait sa passion pour la pêche avec son mari et son fils. Même très affaiblie, elle a réussi à s’organiser un ultime voyage, quelques semaines avant son décès.

Ceux qui l’ont bien connue se souviennent aussi d’une sympathique gaffeuse. Personne ne s’étonnait qu’à la suite de son passage à une table, quelques verres de vins soient brisés et la nappe tachée. Dans sa famille, on se souvient aussi qu’elle est presque tombée dans la fausse lors de l’enterrement de son grand-père, en pleine tempête de neige en 1977.

Quant à ses collègues de Bombardier, ils se rappellent la fois où elle est restée coincé dans un réservoir à essence d’un CL 415 à cause de l’anneau qu’elle portait au nombril.

Sa passion pour le chocolat était aussi légendaire.

Généreuse jusqu’à la fin

La vie de Johanne a basculé le 26 février 2016. Suite à une chute au travail lui ayant occasionné des contusions au bras, elle a consulté un médecin. Il faut dire qu’elle avait de forts étourdissements et maux de tête depuis quelques semaines. C’est à cause de ces vertiges qu’elle est tombée et s’est blessée. Après quelques examens, le verdict implacable et inattendu est tombé. On lui a annoncé qu’elle souffrait d’un cancer, de nombreux métastases et qu’il lui restait quelques mois à vivre. Son cerveau, son pancréas et ses poumons étaient attaqués.

Même si elle a été abasourdie et dévastée par la nouvelle, Johanne s’est mise en tête de « fucker les statistiques » comme elle disait. Ses nombreuses hospitalisations et les complications qu’elle a subies suite à ses traitements auraient pu faire perdre le moral à n’importe qui. Mais pas à Johanne.

Jusqu’à la fin elle remerciait ses visiteurs, prenait le temps de bien faire les choses et s’intéressait à eux. Son affection pouvait paraître déstabilisante en ces moments mais elle était vraie et sincère. Johanne restait elle-même, tout simplement.

Elle a voulu plus que tout vivre pour voir la naissance de son petit-fils en octobre mais la maladie l’a emportée trop vite en août 2016.

On ne peut pas évoquer le bon souvenir de Johanne sans penser grands yeux qui scrutaient l’âme de ses interlocuteurs. Elle avait une voix douce et ses mots exprimaient lentement des idées fortes. Jusqu’à la toute fin de sa vie, il était impossible de ne pas se perdre dans son regard inoubliable.

En fermant les yeux, ses proches peuvent presque l’entendre fredonner cet air des Cowboys Fringants qu’elle aimait tant, extrait de la chanson « Les Étoiles Filantes » :

« La vie s’accroche et renait

comme les printemps reviennent

dans une bouffée d’air frais

qui apaise les cœurs en peine. »

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