Ronald Fisher

28 mai 1951 - 4 novembre 2017

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« Hymne à la vie ! Aujourd’hui nous sommes ici pour célébrer la vie que je remercie pour l’ensemble de ce qu’elle m’a apportée… »

Ronald Fisher a écrit ces quelques lignes et a demandé à son médecin de les lire avant de quitter ce monde, entouré de ses proches.

Ronald est né à Montréal, le 28 mai 1951. Fils de Henri Fisher – un nom d’origine hollandaise – et d’Annette Legault, Ronald n’a eu qu’un seul frère, son ainé Normand, venu au monde trois ans avant lui. La mère de Ronald est issue d’une famille de seize enfants et elle n’a pas voulu reproduire le modèle des familles nombreuses.

D’abord établis rue Laval, sur le Plateau Mont-Royal, les Fisher déménagent sur la Rive-Sud de Montréal, dans le quartier Laflèche, aussi connu sous le nom de « Petit Saint-Henri de la Rive-Sud ». Situé à au nord de Saint-Lambert, en face de l’Hôpital Charles-Lemoyne, ce secteur fait aujourd’hui partie de Saint-Hubert. Dans les années 1950, le rues de Laflèche sont en terre battue et la population est composée majoritairement d’ouvriers.

C’est dans ce contexte que Ronald forme son caractère. On le décrit comme enfant têtu, taquin et enjoué. Rien ne semble l’arrêter. À l’âge de six ans, il décide d’aller se baigner seul à la piscine de l’Île Sainte-Hélène. Il a un billet d’autobus au fond de sa poche mais, croyant l’avoir perdu, il rentre à pied par la passerelle du Pont Jacques-Cartier pendant que sa mère se fait du mauvais sang. Ce petit débrouillard parvient même à faire parler de lui alors qu’il sert la messe. Il s’évanouit en pleine liturgie parce qu’il commencé à fumer la cigarette, il a sept ans.

Ronald fait des études sans histoire à l’École Saint-Jean-Baptiste puis à la Polyvalente De Mortagne, à Boucherville.  En 1967, il a 16 ans et réussi à se faire embaucher à l’Exposition Universelle, au pavillon de L’Homme et la mer. Son travail consiste à mesurer la température d’un aquarium géant et d’en retirer les poissons morts. C’est moins glamour que certains autres postes, mais Ronald est un bosseur. Comme la majorité des jeunes de son âge, il est important pour lui de travailler et de gagner de l’argent.

La rencontre de sa vie

1968, c’est l’époque des grands espoirs pour les jeunes de sa génération à qui tout semble possible. Ronald s’inscrit en Sciences pures au tout nouveau Cégep Édouard-Montpetit situé à Longueuil. Mais ce ne sont pas les études qui vont changer le cours de sa vie, mais plutôt une rencontre qui le marquera à jamais avec une jeune fille de onze mois son aînée.

Louise Rousseau prenait sa pause dans un casse-croûte du Vieux Longueuil lorsque Ronald l’aperçoit pour la première fois. Tout en sirotant un coca-cola, il la surveille du coin de l’œil. Il se souvient que même avec ses 130 livres et ses cinq pieds once pouces, il n’a pas douté une seconde qu’il pourrait la séduire. Et ce fut le cas : Louise est charmée par sa vivacité, son amour de la vie et les longs cils qui entourent ses beaux yeux bleus.

Stabilité et famille

Ronald décide de se tourner vers la finance. Il entre à la Household Finance du Canada (HFC) où il sera affecté au département du crédit. Il fait ce choix, entre autres, parce qu’il a des projets avec Louise qui est devenue coiffeuse.

Le 5 mai 1973, les amoureux unissent leurs destinées à l’Église Sainte-Angèle située à Saint-Léonard. Ronald va avoir 22 ans et se sent à prêt à fonder une famille. Après un voyage de noces de trois jours dans les Laurentides, il reprend le travail. Le couple s’installe dans un logement de la rue Sainte-Catherine, à Longueuil, à deux pas du salon de coiffure où travaille Louise.

En décembre de la même année, Ronald est muté à Sainte-Agathe-des-Monts où il est promu directeur d’une succursale de HFC. Leur premier enfant, Isabelle, verra le jour le 4 décembre 1974. Puis la famille s’agrandira avec l’arrivée de Daniel, le 5 août 1977.

Au début de l’année 1976, les Fisher s’installent à Longueuil. Le couple fait d’abord l’acquisition d’un quintuplex puis quelques années plus tard en 1986, ils emménagent dans une maison unifamiliale. 

Changement de cap, mêmes passions

Les années passent, Ronald travaille depuis maintenant quinze ans chez HFC. Il a reçu plusieurs offres pour aller travailler ailleurs mais il les refuse toutes. « Il avait souvent des propositions d’emploi. Mais son insécurité faisait en sorte qu’il pensait toujours à la stabilité de la famille », se rappelle Louise.

En 1987, le temps est venu de relever de nouveaux défis professionnels. Ronald décide d’aller travailler à la Banque Toronto-Dominion, à Montréal et y occupe successivement les fonctions de Directeur du département de Crédit, de Directeur de succursale, puis de Gestionnaire de risque. Il y restera presque trente ans. Sa grande fierté est d’avoir été apprécié de ses employés.

Ronald ne s’intéresse pas qu’à son travail, loin s’en faut. Il fait du ski, joue au golf, adore les voyages et partager une bonne bouffe avec du bon vin.

Parmi toutes ces passions, l’amour de famille demeure sa plus grande. S’assurer que tous les siens vont bien est une responsabilité qui l’habite constamment. À la fin de sa vie, il décrit à Louise sa vision de l’amour :

« Tu vois l’amour comme une princesse et le prince charmant. Moi je vois l’amour par les responsabilités et de m’assurer du confort de tous et chacun à tout moment. »

Face à la maladie

Début 2013, Ronald Fisher est un gestionnaire respecté à la TD Canada Trust. Cet homme fier accepte temporairement une surcharge de travail. Il constate toutefois qu’il est très fatigué à la fin de ses journées. Au lieu de consulter un médecin, il se dit que ça va passer. Il fait un peu de cholestérol, mais rien pour l’empêcher de jouir de la vie et s’alarmer, pense-t-il.

Après plusieurs mois, des symptômes de plus en plus inquiétants persistent. Il écoute enfin Louise et se rend à l’hôpital pour y voir plus clair. Le mardi 17 décembre 2013, on lui diagnostique un cancer colorectal. Ronald est effondré.

Toute l’année 2014 est consacrée à des traitements de radiothérapies, de chimiothérapies, ainsi qu’à deux interventions chirurgicales. Ce sont des opérations qui demandent énormément d’énergie à son organisme déjà affaibli.

En dépit de la maladie, il ne perd pas le moral. Les interventions ont donné de bons résultats, la tumeur est disparue. Ronald trouve le moyen de jouer au golf et continue à voyager. Il prend officiellement sa retraite en 2015.

Il ne le sait pas, mais la maladie est toujours active. Au cours d’un examen de suivi, il apprend que des métastases sont apparus sur ses ganglions et ses poumons. Il recommence les traitements.

Tout au long de cette douloureuse période, il fait face à la situation avec calme. Parfois seul avec Louise, il laisse éclater son chagrin, mais devant ses proches, il affiche une attitude raisonnable, même si sa situation se détériore. Le cancer avance inéluctablement. À l’été 2017, les pronostics sont très sombres.

Ronald trouve quand même la force d’aller dans Charlevoix pour jouer au golf en août. Plus tard, en octobre, il se rend à Niagara-sur-le-Lac en voiture pour visiter des vignobles avec Louise.

Ronald choisit son départ

 Au cours de ses traitements, Ronald envoie des courriels à ses amis et sa famille pour les tenir au courant de la situation. Il surnomme chaque étape de la bataille « des rounds de boxe », un sport qu’il affectionne. Souvent avec humour et toujours positivement, il décrit ses défis, les effets secondaires de ses traitements ou ses états d’âmes. Parfois, il joint une photo humoristique à ses textes. Ses proches devine qu’il veut ainsi donner l’impression que tout va bien, malgré tout. Une autre preuve d’amour envers les siens.

Son dernier message le 4 octobre, se lit comme suit :

« Il y a longtemps que je n’ai pas donné de nouvelles, j’ai pensé que vous aimeriez savoir ou en est le combat. Je suis toujours dans la catégorie des poids lourd (je n’ai pas perdu de poids). Mercredi, je sauterai dans l’arène pour le 60e round de boxe. Je suis prêt, l’été m’a permis de jouer au golf 2-3 fois semaine, mon meilleur score de l’été était de 83 et mon pire 10. Les hauts et les bas du golf ressemblent beaucoup à mes rounds de boxe !

Dernièrement mon adversaire a concentré ses coups aux poumons, ce qui a pour effet de réduire mon souffle et de créer de la toux. Dans mon coin on a préparé une stratégie pour empêcher mon adversaire de porter ses coups aux poumons. Lors des derniers examens on a pu constater que ses coups ont moins d’effet ».

Ce sera l’ultime round de Ronald. Quelques jours plus tard, le mardi 31 octobre, les médecins lui annoncent que ses poumons sont anéantis et qu’il ne lui reste que quelques jours à vivre.

Sa décision est prise, il demande l’aide médicale à mourir. Ronald a décidé de quitter ce monde le samedi le 4 novembre 2017, en matinée. Ses derniers instants, il les passe avec ceux qu’il aime.

« Il était très positif, il rassurait les gens autour de lui. Il était soulagé », raconte Louise.

La veille de son décès, il a bu une bière et du vin avec sa famille. Un dernier verre du vendredi pour les saluer, leur dire qu’il les aime et leur montrer qu’il est serein.

Le lendemain, tous sont réunis autour de lui pour un dernier au revoir. C’est en leur tenant la main qu’il termine cette belle aventure.

Ronald Fisher était un homme de cœur, un passionné doté d’une grande intelligence. Avant de partir, il a laissé cette dernière pensée.

« La vie m’a donné quarante-neuf ans d’amour inconditionnel de la part de Loulou ! Grâce à elle, nous avons deux beaux enfants et deux beaux petits-enfants. J’ai profité de la vie à cent à l’heure.

Célébrons ! Merci la vie. »

Commentaires

  1. Quel belle histoire, je remercie la vie d’avoir rencontré Ronald et Louise. Ronald a été un collègue de travail inspirant, un coach et un ami pour moi. Louise je t’envoie beaucoup d’espoir, car tu vis une grande peine d’Amour..
    Mes sincères sympathies à toute la famille, il était tellement fiers de vous .

  2. Toutes mes condoléances à la famille. J’ai croisé Ron à la Banque TD et j’ai croisé un grand homme, un gentleman. Je suis profondément touchée par sa mort. Bon courage à sa femme et ses enfants xxx

  3. Mes plus sincères sympathies à Louise et toute la famille. Ce magnifique dernier mot illustre bien qui était Ronald. Quel bel hommage. Bon courage a tous! Il continuera sûrement à veiller sur vous de là haut.

  4. Une belle histoire d’amour et d’engagement. Merci Louise de nous la
    partager. Qu’elle nourrisse tout le courage dont toi et ta famille auront besoin. Je garde un merveilleux souvenir de Ronald et de son sourire si heureux. Merci à la vie de m’avoir permis de vous connaître.

  5. Ronald, je vous remercie de votre gentillesse et de votre hospitalité, il y a déjà quelques années… Reposez en paix. Toute mes condoléances à votre chaleureuse famille.

  6. Monsieur Fisher était respectueux et souriant à chaque rencontre que nous avons eu à la TD. Il savait rendre les gens à l’aise malgré son statut de superviseur , il était un exemple à suivre. Nul doute qu’il manquera à son épouse et à ses enfants mais aussi à toute la famille TD. Aurevoir Monsieur Fisher et de là-haut gardez un œil sur ceux qui restent. MERCI pour ce beau texte qui nous a fait connaître son incroyable parcours d’une vie remplie.

  7. Je constate que Ronald a été un être exceptionnel jusqu’à la fin en lisant cet hommage à sa vie. Durant mon parcours à la banque TD j’ai très souvent travaillé avec lui, et notre camaraderie demeure un très beau souvenir. Mes sympathies è Louise et toute la famille. Les gens qu’on aime
    restent toujours dans nos cœurs.

  8. Toutes mes sympathies à Louise et ses enfants ! Monsieur Fisher a été un mentor pour moi ! C’est celui qui a changé ma vie à la TD. Il m’a appris la façon de communiquer le non-verbal, il m’a appris à ne pas juger. Il m’a appris à commenter seulement les faits: jamais nos sentiments. Il m’a appris tellement que je ne peux le décrire. Monsieur Fisher, mon coach ma outillé pour être une meilleure personne. Il a fait sa marque avec moi. Merci Mr Fisher !

  9. À toute la famille Fisher, nous vous offrons nos plus sincères sympathies, particulièrement à Louise. Quelle triste nouvelle d’apprendre le décès de Ronald. Nous avons été très touchés par la lettre de Ronald et son message d’amour à Louise. Comme voisin de la rue Aubert pendant plus de 20 ans, nous garderons d’excellents souvenirs. Bon courage à toi Louise ainsi qu’à Isabelle et Daniel face à cette épreuve. Famille Charbonneau (Blainville)

  10. Merci Champion!
    Merci de nous avoir choisi pour amis,
    Merci pour les parties de golf avec Toi & Louise,
    Merci pour les bons repas pris ensemble,
    Merci pour le courage que tu as démontré tout au long de ta maladie.
    Tu nous laisses avec de très beaux souvenirs.
    Bon Voyage!
    Repose en paix tu le mérites!
    Protège Ti-lou et ta belle famille du coin de ton ciel.

  11. I worked with Ron from at TD from 2000 through 2013. He was an outstanding lender, teacher, and people manager. And an even finer person. Knowing him has been my great privilege. Rest in Peace good friend.

  12. Nous avons passé de bons moments avec toi et Louise. JC et moi te remercions pour ton amitié. À travers ta maladie, tu nous a montré à quel point tu es un grand homme. Tu as toujours été positif malgré les hauts et les bas. Protège de là haut Louise, tes enfants et tes petits-enfants. Repose en paix mon ami. On t’aime.

  13. Nos plus sincères sympathies à Louise et à toute la famille. Tu vas nous manquer Ron, merci a vous deux pour le bon temps passé ensemble. Avril 2017 va demeurer dans nos bons souvenirs.

  14. Sincères condoléances à toute la famille .
    Merci la vie d’avoir mis Louise et Ronald sur ma route. Louise, ma coiffeuse et amie depuis plus de 30 ans et Ronald pour son amitié , son écoute et sa générosité. Sa bonté laissera une trace dans le cœur de tous ceux qui l’ont connu.
    Bon voyage Ronald .

  15. Nos sincères et profondes condoléances A Louise et a toute sa famille.
    Merci pour tout ces moments partagés autour d’un repas entre amis.
    Merci Ronald pour ta générosité et ta gentillesse, tu vas nous manquer.
    Repose en paix mon ami

  16. Ronald, tu as été un coach unique. Tu nous manqueras à tous!
    Louise et Ronald, merci pour votre exemple autant de courage, de persévérance que de l’amour que vous avez été l’un pour l’autre.
    Louise, tu as été une accompagnatrice extraordinaire!
    Isabelle et Daniel, merci de votre accueil. Vous êtes l’exemple même de ce que vos parents vous ont légués.
    Sincères sympathies à toute la famille.

  17. Encore une fois bon courage Louise. Après le décès de ma mère en juillet 2015 , j ai retenu cette phrase. Au-delà de la vie, on continue à vivre en autant que le souvenir persiste. Prends soin de toi.

  18. Je tiens à t’offrir Isabelle ainsi qu’à ta famille mes sincères sympathies.
    Je vous offre de belles pensées !
    Courage !

    Josée Lepitre

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